Sionisme : Le monstre tripode par Gilad Atzmon Traduit de l'anglais par Marcel Charbonnier 26 mai 2009 Contrairement à ses frères et sœurs cosmopolites, qui diffusent le sionisme et le racisme tribal en se revêtant d’oripeaux libéraux et progressistes, Melanie Philips est, quant à elle, très directe. L’autre jour, elle a défini ce qu’est le sionisme, à ses yeux, d’une manière particulièrement limpide : « Le sionisme », écrit-elle, « c’est simple : c’est le mouvement d’autodétermination du peuple juif. Et ce mouvement a plus de sens que n’importe quel autre mouvement de libération nationale, parce que le judaïsme repose sur trois pieds : le peuple, la religion et la terre. Qu’un seul de ces trois pieds vienne à être amputé, parce que sa légitimité aura été niée, et c’est l’ensemble qui s’écroule. C’est la raison pour laquelle l’antisionisme est bien davantage qu’une prise de position politique agaçante : c’est une attaque frontale, contre le judaïsme lui-même. » Melanie Philips ne laisse que très peu d’espace à la spéculation intellectuelle. Pour elle, non seulement le sionisme est un mouvement national légitime, mais ce mouvement « a plus de sens que n’importe quel autre », parce qu’il « repose sur « trois pieds ». A y réfléchir ne serait-ce qu’une seconde, c’est en effet, vraiment important, pour quelque chose, de reposer sur trois pieds. Personnellement, je ne repose que sur deux jambes (et des poussières…). D’ailleurs, à l’occasion, quand je me tiens debout, à poil, devant un miroir, j’aimerais vachement être le sionisme… Comme l’affirme mordicus Melanie Philips, le sionisme est en effet un amalgame de trois ingrédients juifs : le peuple, la terre et la religion. C’est cette mixture même qui fait du sionisme un narratif épique triomphant. C’est cette mixture qui a fait du sionisme, de manière de plus en plus accentuée au cours du Vingtième siècle, l’identifiant collectif symbolique du peuple juif. C’est le sionisme qui est parvenu à réinventer le peuple juif en tant que nation dotée d’une aspiration lucide idéologique, spirituelle et géographique. Pourtant, autant le sionisme est quelque chose de parfaitement logique pour de très nombreux juifs de par le monde, il a de moins en moins de sens pour ceux qui n’ont pas l’heur d’être « élus », c’est-à-dire pour tout le reste de l’humanité. La raison est simple : les juifs sont certes libres de célébrer collectivement leurs symptômes, mais ils ne sont pas exactement fondés à le faire, dès lors que c’est au détriment d’autrui. Le sionisme s’est arrangé pour interpréter le judaïsme comme un permis brutal de piller et de massacrer. Il a transformé un texte spirituel en plan cadastral. Il a essentiellement inventé la nation juive. Il a alors assigné à la nation nouvelle-née sa mission d’aspiration géographique immorale, non sans certaines conséquences coloniales et raciste calamiteuses. L’on est fondé à se demander comment le sionisme a réussi à avoir un tel succès, comment il a pu s’en tirer à aussi bon compte avec ses crimes, et comment il a réussi à agir de la sorte aussi longtemps ? En fin de compte, la mixture empoisonnée composée de « terre », de « religion » et de « peuple » se situe aux antipodes de la narration culturelle et politique occidentale de l’après-Deuxième guerre mondiale (faite de cosmopolitisme / de multi-culturalité / de multi-confessionnalisme / de frontières ouvertes). J’ai tendance à penser que l’équation établie par Melanie Philips : « sionisme = judaïsme » est la plus efficace de toutes les tactiques sionistes. Elle conduit à une paralysie sévère de l’opposition la plus humaniste au sionisme. La raison est évidente : des êtres moraux ordinaires ne savent pas de quelle manière dés-emberlificoter les nœuds générés par cette formule explosive qui les conduit à la critique d’un système religieux. De fait, une des façons possibles consiste à contester l’équation de Melanie Philips. Non, le sionisme n’set pas le pendant du judaïsme : le sionisme n’est qu’une interprétation radicale, particulièrement bornée, du judaïsme. Il s’empare de la notion morale judaïque de l’élection, et il en fait un programme politique de suprématie vulgaire. Loin d’être le judaïsme, le sionisme est, en réalité, le visage authentique de l’idéologie juive. Le sionisme est raciste, le sionisme est chauvin, le sionisme est avide de puissance ; mais il est différent du judaïsme, car celui-ci est centré autour de la crainte de Dieu, alors que le sionisme n’a absolument peur de rien. Par conséquent, il est correct d’avancer que le fait de s’opposer au sionisme revient à s’opposer à l’idéologie juive ou à ce que j’appelle, pour ma part, la « judéité ». Il faut rappeler que le sionisme se considère lui-même comme un mouvement rationnel et éclairé. Jusqu’à un certain point, en tant qu’idéologie et que praxis, il tente de se comprendre lui-même, et il recherche des explications ou, à tout moins, des justifications en des termes rationnels et historiques (plutôt qu’en termes éthiques). Melanie Philips, il faut le dire, propose une argumentation cohérente. Elle dit : « voilà ce que nous sommes », en suggérant que « leur » enlever ce droit serait leur dénier « leur » droit à l’existence. Je pense que le cadre de raisonnement de Melanie Philips est correct : c’est sa terminologie qui, en revanche, est légèrement trompeuse. Le sionisme n’est pas égal à la religion, mais, bien plutôt, le sionisme et la judéité sont intrinsèquement connectés. Si nous voulons réellement nous opposer au sionisme, nous allons entrer inévitablement en conflit avec l’idéologie juive. S’opposer au sionisme, c’est reconnaître que nous avons un problème avec les « trucs juifs ». Toutefois, il convient de noter que si des sionistes tels que Melanie Philips sont fondés à suggérer une identité entre le sionisme et le judaïsme, l’opposant au sionisme ne devrait pas hésiter à faire de même, et donc à étendre la critique du sionisme à l’idéologie juive et à ce qu’il y a éventuellement, au-delà. Je l’ai déjà indiqué, de nombreuses fois, par le passé : comme de juste, ce sont, de fait, des dissidents sionistes et des dissidents israéliens qui semblent promouvoir le discours antisioniste et, cela, pour une raison toute simple : les dissidents israéliens sont loin d’être réticents à dénoncer leur passé collectif, ni à réfléchir. Contrairement aux activistes de gauche de la diaspora juive, qui sont prompts à rejeter toute complicité dans les crimes israéliens en criant : « pas en mon nom ! », certaines voix israéliennes dissidentes tendent à assumer leur responsabilité directe. Ceux-là comprennent la notion de culpabilité, et ils la transforment en responsabilité. Il y a, de cela, un mois, le quotidien israélien Haaretz a publié un article d’Uri Avnery, dans son édition spéciale du « Jour de l’Indépendance d’Israël ». Cet article, intitulé « Vivre avec la contradiction » [Living With The Contradiction], était la tentative d’un humaniste israélien de se colleter avec son propre péché originel, dans le cadre d’une perspective historique. Avnery est un écrivain absolument étonnant. Bien que j’aie tendance à ne pas être d’accord avec lui sur diverses questions, l’homme est, sans nul doute, porteur d’un message rationnel, dans cet Etat maudit. Contrairement à Melanie Philips, qui soutient le sionisme de loin, Avnery a combattu dans les commandos en 1948. Il fut lui-même impliqué dans la création d’Israël. « Nous savions que si nous remportions la guerre, il allait y avoir un Etat, et que si nous étions vaincus, il n’y en aurait pas – et que nous ne serions plus là non plus, d’ailleurs ». Contrairement à Melanie Philips, qui parle d’ « une terre », Avnery fut l’un de ceux qui envahirent la terre (de Palestine) et en chassèrent les habitants. « Nous n’avons laissé aucun Arabe derrière notre ligne de front, et les Arabes firent de même ». Et pourtant, Avnery, contrairement à Melanie Philips, là encore, comprend que l’amalgame opéré par les sionistes entre peuple, terre et religion ne peut conduire qu’à la catastrophe. Le péché originel d’Israël n’est pas exactement ce qu’on pourrait appeler une recette de paix. « Comment, dès lors », demande Avnery, « pourrions-nous résoudre la contradiction entre nos intentions et nos sentiments de l’époque où nous avons établi l’Etat et où nous l’avons payé de notre sang, purement et simplement, et l’injustice historique que nous avons infligée à l’autre côté ? » Avnery poursuit : « La résolution de cette contradiction est nécessaire à notre santé mentale, en tant que nation et en tant qu’êtres humains, et elle est le premier pas vers une réconciliation future. Nous devons avouer et reconnaître les conséquences de nos actes, et réparer ce qui peut l’être, sans en désavouer pour autant notre passé et notre innocence juvénile. » Avnery s’échine à expliquer, plutôt qu’à justifier le péché de 1948, et néanmoins, il est en quête de réconciliation… Il comprend que l’Etat sioniste ne pourra qu’être voué à la destruction, à moins qu’il ait le courage d’affronter son passé. J’aimerais que ceux qui apportent leur contribution au discours de la solidarité avec les Palestiniens aient le courage dont font montre Melanie Philips et Avnery. J’aimerais qu’à l’instar de Melanie Philips, nous ayons le courage de mettre le signe d’égalité entre le sionisme et le judaïsme - mais afin de l’utiliser comme un levier critique.J’aimerais que nous soyons capables de considérer la Nakba , à l’instar d’Avnery, avec peur et tremblement – mais pour en tirer la conclusion nécessaire, c’est-à-dire en exigeant le droit au retour chez eux des réfugiés palestiniens! on PalestineThinkTank, 23 mai 2009 http://palestinethinktank.com/2009/05/25/gilad-atzmon-the-three-legged-monster/
Reportage de la manif Reportage de la manif Le PMF Ses actions Al Qods-Jérusalem Al Aqsa Hidjab (voile) Laicité, position du PMF Ni Stasi, ni Vichy : Lettre 10 déc 2003 Non à la laïcité islomophobe La Palestine Lettre à Jospin, en rép. sur Hezbollah La Palestine aux Palestiniens L'anti-sionisme Sionisme, antisémitisme et Israël. Par MEL L'antisémitisme dernier recours du sionisme? Le Grand Israël Non à la venue du criminel Sharon Pays résistants Afghanistan Nouveau menu Iraq Voyages de Boucliers humains du PMF Iraq, Berceau de l'humanité par MEL Lettre au Pdt Chirac pour un veto Conf : "Quelles réponse à la croisade de Bush ?" Manifs anti-guerre du PMF Communiqués du PMF Personnalités Serge Thion : éminent chercheur Ginette Skandrani : militante pour la liberté des pe Azmi Bishara : inttellectuel palestinien Reportage de la manif ACCUEIL Rencontres Manifestations Manif PALESTINE du 2 déc. 2006 - Paris Afganistan Non à la venue du criminel Sharon Manif Palestine du 26 Janvier 2008 - Strasbourg Manif PALESTINE du 17 mai 2008 - Strasbourg Manif Palestine-Yom Al Qods 27 sept 2008 Strasb L'Europe Notre non à la Constitution européenne Al Qods Yom Al Qods - 2007 Yom Al Qods - 2008 Loi sur le voile Camp. diffamat. sioniste contre le Pdt du PMF Manif nationales et internat. du 17 jan 2004 Première manifestation 20 déc 2003 Laicité, position du PMF Ni Stasi, ni Vichy : Lettre ouverte du 10 déc 2003 Non à la laïcité islomophobe Iraq Voyages de Boucliers humains en Iraq Manifestations pour l'Iraq (en 2003) Conférence à Paris :"Quelles réponses à la croisad Position officielle du PMF : Commuiqué du 11 oct Pour un veto à l'ONU : Lettre au pdt Chirac du 11 o Manifestations pour l'Iraq (en 1998) Conférences Iraq : Réponses à la Croisade de Bush - Paris 22 oc Voyages Boucliers Humains pour l'Iraq Publications La Palestine aux Palestiniens Sionisme, antisémitisme et Israël L'antisémitisme dernier recours du sionisme? Communiqué 11.10.2002 pour un veto à l'ONU Le Grand Israël Eclairages Kouchner arrive au Quai d'Orsay Solidarité IDEOLOGIE La Charte du PMF 2007 : L'année électorale des Musulmans de France PROGRAMME Nos ambitions pour la France Position du PMF sur la laïcité VIE ELECTORALE Présidentielles 2007 Consignes de vote Pas de candidat PMF 2002 La défaite tant attendue Suite à son arrogance à Bir Zëit Législatives Juin 2007 Appel mobilisateur Circulaire électorale Devenez candidats Professions de foi Mohamed Latreche Nadir Ben Abbes Nabir Rezki Mohamed Er Rachidi Résultats Global Latrèche Détaillé Er Rachidi Détaillé REZKI Ben Abbès Juin 2002 Mai 1997 Municipales Référendum Communiqués France Al Qods Palestine Iraq Afganistan Autres Administration Historique Ce qui l'a justifié Le fondateur ADHESIONS SOUTIENS CONTACTS SECTIONS LIENS PROJETS Ouverture de nouvelles sections Acquisition de locaux Aquisition de moyens médiatiques Ses causesSamedi 26 Jan 2008
Yom al Qods 2008
Samedi 17 mai 2008
Manif du 27 Sept 2008
Parti des Musulmans de France