Le Darfour vu par la FETAF FETAF – Fédération des Travailleurs d’Afrique en France Agence spécialisée de l’Organisation de l’Unité syndical Africaine (OUSA). Membre observateur à l’Union Africaine (U.A) De la situation au Soudan en général et au Darfour en particulier De 1956, date de son indépendance, à aujourd’hui, on ne connaît, en général, du Soudan que ce que les médias courants nous en livrent. A la décharge pour ces derniers, il faut souligner l’urgence qui les oblige à aller vite. Sans aucune prétention de notre part, nous avons essayé de proposer -en annexe à cette déclaration -un récapitulatif de repères que nous jugeons susceptibles de permettre à tous les patriotes africains d’avoir à leur portée des données précises à même d’aider à une compréhension d’ensemble du problème soudanais : de la plus lointaine histoire à nos jours. Nous, à la FETAF, qui avons visité le Soudan, notamment le Darfour, nous pensons sincèrement, compte tenu de sa position géopolitique - trait d’union entre l’Afrique et l’Orient, de sa taille qui en fait le plus grand pays d’Afrique, de sa position centrale avec neuf (9) frontières africaines, que le pays mérite la plus grande vigilance de la part de nous tous, des amis de l’Afrique et de tous les hommes et femmes épris de Paix. Loin de nous, l’idée de dénier aux hommes de loi le droit à légiférer, mais force est de reconnaître que les décisions juridiques ne peuvent faire fi du contexte particulier dans lequel elles sont prises. La situation au Soudan n’est pas née « ex nihilo » : la Paix revenue depuis 2005 -malgré les avatars enregistrés la concernant et cela après cinquante (50) ans de guerre civile, a été l’oeuvre d’hommes politiques, d’acteurs de la société civile au premier rang de laquelle on trouve les travailleurs et leurs organisations, d’intellectuels, de religieux etc.… La Cour Pénale Internationale (CPI), dont la complexité technique échappe aux communs des mortels, ne peut, selon nous, s’ériger, dans la situation présente, en une sorte de « deux ex machina », apte à baliser les chemin de la Paix et de la Concorde. N’est-elle pas en contradiction avec les conclusions de la commission d’enquête des nations unies qui a abouti à la conclusion de non-existence de génocide au Darfour ? Pour nous en tenir au seul cas du Darfour, révolte curieusement apparue six (6) mois après la signature de la Paix avec le Sud, nous sommes en présence d’une crise protéiforme aux racines structurelles, lointaines et récentes. De l’avis même des autorités que nous avons rencontrées, le Darfour est une « vieille blessure qui s’est infectée par négligence et cela depuis l’indépendance ». Au sortir d’une longue période de conflits ouverts ou larvés au niveau de ses neuf (9) frontières, le Soudan se trouve, avec un Darfour pris au piège des guerres aux alentours, infesté de bandes armées. Elles sèment la mort et la désolation souvent en collusion avec des groupes de rebelles aux motivations politiques diverses, aspirant tous à prendre le pouvoir. Nous sommes en présence d’une situation certes complexe, exacerbée par des rivalités ancestrales entre tribus sédentaires et éleveurs mais qu’il serait erroné, dangereux, voire criminel de qualifier de Génocide (cf. tentative de Kidnapping d’enfants de l’Association Arche de Zoé). Le fantasme du cavalier Arabe blanc, tout puissant, cassant du Noir veule et rivé à sa terre natale, est au service d’un certaine propagande tendancieuse. Mais, chose plus grave, c’est que cela ne correspond guère à la réalité : le Darfour -territoire aussi grand que la France et peuplé d’environ de cinq millions d’habitants- est habité, quasi exclusivement, par ce qu’il est convenu d’appeler des noirs ; Hommes parlant certes des langues différents, mais pratiquant la même religion et ayant en commun, notamment comme au Sud, une langue véhiculaire, une sorte de créole appelée l’Arabe de Juba. Tout cela a donné naissance, à l’échelle du Soudan, à une certaine culture de synthèse, plutôt harmonieuse et riche de sa diversité, et que le développement économique devra un jour donner en exemple au monde entier. Selon nous -et nous l’avons pu constater sur place- la région (Darfour) souffre de ce que l’on a coutume d’appeler « l’inégal développement » au sein d’un ensemble identifié et organiquement constitué qu’est la République Fédérale du Soudan. Et n’étant guère une sorte de « mer de la tranquillité », le Darfour a reproduit en son sein les rivalités politiques en cours à l’échelle du pays. Cependant, depuis la fin de la guerre du Sud, le pays est en plein essor économique et est l’un des pays les plus dynamiques d’Afrique sur ce plan, avec un taux de croissance annuel avoisinant les deux chiffres sous l’actuel gouvernement. En grande partie grâce aux hydrocarbures bien sûr, mais aussi, ce qui est rare en Afrique, avec une orientation industrielle dont un exemple tangible est celui de l’automobile. De même, une diversification des partenaires économiques est engagée, notamment en direction de l’Asie, contribuant sans doute à limiter les risques d’une dépendance de type monopolistique vis à vis de quelques multinationales ; avec, en point focal, les ressources en hydrocarbures. A ce sujet, le citoyen averti peut légitimement se douter de l’existence d’autres rivalités à caractère exogènes qui compliquent le jeu politique interne. L’Union Africaine (U.A) et la Ligue Arabe ont pris leurs responsabilités en exprimant leur désaccord face au mandat d’arrêt émis par la CPI à l’encontre du président légitime du Soudan Omar Hassan El Béchir. Il s’agit là d’une position de sagesse. Et il faut reconnaître que la Sagesse peut renforcer le droit en le dépassant. Pour notre part, nous exigeons l’annulation pure et simple de ce mandat d’arrêt. A ce titre, rien ne doit être fait qui puisse compliquer et bloquer le processus de Paix en cours. La Minuad, sous ce rapport, doit voir son rôle renforcé en tant que force de Paix. Elle se doit de neutraliser toutes les forces centrifuges.. Le Rwanda doit maintenir ses troupes au sein de la Minuad. La communauté internationale doit dégager des moyens suffisants pour aider au retour de déplacés de guerre et déployer des efforts sur le plan diplomatique pour obliger tous les groupes rebelles à s’asseoir à la table de Négociation comme ne cesse de la réclamer l’Union Africaine. L’Afrique a prouvé ces dernières années sa capacité à trouver des compromis de moindre mal en interne (Côte d’Ivoire, Zimbabwe, région des Grands lacs, etc.) Notre conviction est que la crise du Darfour, avec moins d’ingérences d’ordre politico-militaires externes, peut être résolue en interne par les africains et en particulier par les protagonistes Soudanais à qui elle incombe en premier. Vive la Solidarité inter - soudanaise ! Vive la Paix ! Vive l’Unité africaine ! Paris, le 03 avril 2009
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